Une des questions à laquelle nous avons le plus souvent à répondre, en tant que responsables d’une association dédiée à l’adoption de chiens en provenance d’Espagne, c’est « Mais pourquoi faire adopter des chiens abandonnés en Espagne alors qu’il y en a tant en France ? »

La question qui suit, aussitôt après, c’est « Pourquoi votre nom est « Galgos angel » alors que vous diffusez des chiens de toutes les races » ?

Cette rubrique a pour objectif de répondre à ces deux questions. Nous allons essayer de vous résumer la réalité des chiens martyrs d’Espagne.

Il circule sur internet de nombreuses photos chocs prouvant tout ce que nous allons décrire dans les paragraphes qui suivent. Nous avons fait le choix de ne pas vous imposer de photos inutilement traumatisantes. Les seules photos que nous publierons dans cette rubrique auront pour objectif d’illustrer des pratiques difficilement descriptibles autrement.

Alors dans l’ordre :

Pourquoi l’Espagne ?

Pourquoi les Galgos ?

Pourquoi les Podencos ?

Pourquoi les Bodegueros ?

Pourquoi les Mastins ?

Pourquoi les autres ? 


Pourquoi l'Espagne ?

Il est vrai que la maltraitance animale n’a pas de frontière et que chaque pays a son lot de monstres, de sans cœur, d’irresponsables. Il est vrai qu’en France, 70 000 chiens et chats abandonnés sont recueillis chaque année par les refuges. C’est un véritable scandale mais en France, nos animaux de compagnie sont protégés par la Loi. Toute dérive à l’encontre d’un animal, dès lors qu’elle est avérée, est passible de sanctions pénales. De plus, le milieu associatif français est très réactif, bien organisé et soutenu par l’opinion publique. Les refuges sont reconnus d’utilité publique et pour la plupart subventionnés par l’Etat ou les collectivités territoriales.

 

En Espagne, et en particulier dans le Sud de l’Espagne, la cruauté envers les animaux de compagnie est quasiment culturelle. Dans ce pays, qui fait pourtant partie de « l’Europe », ce sont les bénévoles engagés dans la protection animale qui sont montrés du doigt, qui dérangent et qui sont régulièrement agressés et vilipendés.

Plus on pénètre dans l’Espagne profonde, dans l’Espagne rurale, et plus la présence du chien n’est acceptée que s’il a une utilité. Chasse, garde, ou autre, un chien doit servir à quelque chose, c’est un outil parmi d’autres. Et quand l’outil ne sert plus, on le jette et on le remplace.

Des chiens à l’attache toute une vie, des chiens errants, des chiens éliminés d’un coup de fusil à cause d’un membre brisé sont monnaie courante. La stérilisation reste une pratique marginale et les chiens et les chats se reproduisent de façon anarchique et non contrôlée. Les villages et les campagnes sont hantés de chiens et de chats faméliques, malades, rodant seuls ou en meute à la recherche de la moindre pitance Ils font tellement partie du paysage qu’ils survivent dans une quasi indifférence générale.

 

Leur seule chance de rédemption, ce sont ce que nous appellerons ici « des cœurs purs »… On les appelle plus souvent, de façon laconique, les « bénévoles » …

 

Il existe en Espagne, comme partout ailleurs, des gens qui ont du cœur, des gens qui n’acceptent pas la fatalité, des gens qui sont touchés au plus profond de leur âme par cette détresse animale et qui se battent, au quotidien, au sacrifice de leur vie familiale, sociale et professionnelle, pour venir en aide à tous ces malheureux et pour faire évoluer les mentalités.

 

Çà et là, à travers tout le pays, se sont créés des petits refuges, faits de bric et de broc, tenus par ces fameux « bénévoles ». Ils sont une poignée à lutter contre la misère, la maltraitance, la maladie, la violence, dans l’indifférence, voire l’hostilité de leurs concitoyens. Ils ne reçoivent aucune aide, ni publique, ni privée et sans le soutien en provenance de l’étranger, ils n’auraient plus qu’à mettre la clé sous la porte et renvoyer tous leurs protégés à la rue.

 

Il n’est pas dans la culture espagnole de soutenir, tant financièrement que par un investissement personnel, la cause animale. Ceux qui le font sont considérés comme des marginaux et des empêcheurs de tourner en rond.

Des bénévoles dont on masque le visage, pour ne pas les mettre en danger...